Dernière réunion / Last meeting

 

 

 

Le chapitre de SABR-Québec s’est réuni le 27 janvier 2018 au restaurant Madisons à Montréal à l’occasion du SABR Day annuel. Notre collègue Marcel Dugas nous a fait une présentation sur la saison 1946 des Royaux de Montréal. Pour nous mettre dans l’ambiance de l’époque, le président du chapitre Patrick Carpentier, a amené une maquette à l’échelle du Stade Delorimier, le regretté stade des Royaux, où se sont déroulés plusieurs des événements que Marcel a évoqué.

Marcel a expliqué qu’il a choisi d’étudier cette saison en profondeur parce qu’il s’agit probablement de la meilleure qu’ait jamais connu un club de baseball montréalais, au-delà de l’importance historique et sociologique de la présence de Jackie Robinson sur l’équipe. Les Royaux ont gagné 100 matchs cette année-là – la seule équipe dans l’histoire de la ville à atteindre ce chiffre -, ont gagné le championnat de la Ligue Internationale avec 18 parties et demie d’avance, et remporté les trois séries d’après-saison auxquelles ils ont pris part avant la limite pour finir champions de la Petite Série Mondiale pour la première fois de leur histoire. Bref, il semblerait que tout ait baigné dans l’huile cette année-là, mais en fait les séries d’après-saison ont été particulièrement excitantes, et c’est sur celles-ci que Marcel Dugas a axé sa présentation.

Il nous a expliqué comment les trois séries, les demies-finales contre les Bears de Newark, les finales de la ligue contre les Chiefs de Syracuse et la Petite Série Mondiale contre les Colonels de Louisville, ont toutes failli échapper aux Royaux, avant qu’un point tournant très facilement identifiable ait permis de renverser la vapeur en leur faveur. Les deux premières séries ont été marquées par des mêlées générales nécessitant l’intervention de la police, et des accusations contre le gérant Clay Hopper d’avoir donné l’ordre à ses lanceurs de viser les frappeurs des Chiefs. Il y a eu plusieurs fins de match très serrées, les lanceurs des Royaux ne semblant jamais capables de mettre un terme à un match sans laisser l’adversaire placer le point égalisateur sur les buts.

La Petite Série Mondiale a été caractérisée par un contraste marqué : lors des trois premiers matchs à Louisville, les spectateurs blancs huent copieusement Jackie Robinson à chacune de ses présences, réussissant à ébranler son calme légendaire, tandis que le coin du champ droit, la seule partie du stade où les spectateurs Afro-Américains sont admis, les gradins sont pleins à craquer, la foule se répendant même sur le toit d’un édifice voisin d’où on aperçoit à peine le terrain. En contraste, quand les équipes se dirigent à Montréal, la ville est ensevelie sous une tempête de neige précoce. Montréal gagnera la série en six matchs grâce à un blanchissage de Curt Davis, âgé de 43 ans, dans le sixième match. Davis sera sur la corde raide toute la partie avant de gagner 2 à 0.

Marcel Dugas a terminé sa présentation en expliquant la fameuse anecdote voulant que Robinson ait été porté en triomphe par la foule des partisans à la fin du dernier match, ou qu’il se serait échappé en courant, convaincu qu’ils voulaient s’en prendre à lui. En fait, il avait un train à prendre de toute urgence parce qu’il s’était engagé à jouer une série de matchs hors concours dont il serait la grande vedette, et il a dû se frayer un chemin entre les partisans cherchant à le féliciter dans l’abri des joueurs et sur le terrain, avant qu’il monte dans un véhicule qui lui permette d’échapper à ses fans trop insistants.

Marcel nous a fait revivre la belle de Jackie Robinson à Montréal. Au mois de mai, un autre invité nous racontera ses hauts faits dans les ligue amateurs et semi-professionnelles du Québec. Gardez l’écoute pour les détails de notre rencontre du printemps!

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The SABR Quebec Chapter met at Madison’s Restaurant in Montreal on January 27, 2018, to celebrate SABR Day. Chapter member Marcel Dugas made a presentation on the 1946 season of the Montreal Royals. To put us in the mood of the time, chapter president Patrick Carpentier had brought a scale model of Delorimier Stadium, the much beloved ballpark where the Royals played and where a number of the feats described by Marcel took place.

Our colleague explained that he decided to study that season in depth because, beyond the historical and sociological importance of Jackie Robinson being a member of the team, the Royals had what was probably the best season ever by a Montreal ball club. They won an even 100 games – the only team in the city’s history to ever reach that mark -, claimed the International League championship by 18 1/2 games, and emerged a winner in all three postseason series in which they played to end up as Junior World Series champions for the first time in their history. In short, it seemed that everything went well for them that year, but in fact the postseason series were particularly exciting, and it is on these that Marcel Dugas focused his presentation.

He explained how, in all three series, the semi-finals against the Newark Bears, the league finals against the Syracuse Chiefs, and the Junior World Series against the Louisville Colonels, the Royals almost dropped the ball before a very clear turning point reversed the momentum in their favor. The first two series featured dugout-clearing brawls that necessitated police intervention, while there were accusations leveled at manager Clay Hopper that he had ordered his pitchers to throw at the Chiefs’ batters. A number of the games ended on close scores as the Royals’ pitchers never seemed able to finish out a game without first letting their opponents put the potential tying run on base.

The Junior World Series featured a marked contrast: in the first three games played in Louisville, the predominantly white crowd copiously jeered Jackie Robinson every time he moved a muscle and were able to shake his proverbial calm; but the right field corner seats, the sole tiny section in which African-American spectators were allowed, was packed to the rafters, with the crowd even overflowing onto the roof of a nearby building from which they could only glance at a tiny part of the field. In contrast, when the teams reached Montreal, the city was blanketed by an early snowstorm. Montreal would go on to win the series in six games thanks to a complete game shutout by 43-year-old Curt Davis in Game 6. Davis spent the whole game pitching out of trouble before emerging a 2-0 winner.

Marcel finished his presentation by clearing up myths around the famous anecdote that Robinson was supposedly carried in triumph on the local fans’ shoulders, or that he had to flee the ballpark on foot, fearing for his safety. In fact, he had to catch a train as soon as possible once the game ended, as he had committed to playing a series of exhibition games in which he was the biggest draw. He had to find his way through a mob of spectators who wanted to congratulate him in the dugout and on the field, before he managed to get away into a vehicle that allowed him to flee his overly adoring fans.

Marcel told us about the golden years of Jackie Robinson. In May, our guest will tell us about his time in the amateur and semi-professional leagues of Québec. Stay tuned for more news about our Spring meeting!